Je vais avoir mon BAC, aller à Lyon pour faire une MANAA et puis arrêter un an, mais trop peureuse pour partir, je resterai en m'assurant que ce n'est que partie remise. Pourtant je trouverai des arguments contre à chaque occasions. Je vais vadrouiller dans mes études. À 27 ans je me poserai et m'imposerai de trouver quelqu'un pour ne pas finir ma vie seule. Après trois ans de vie commune il ne restera plus rien de ce que nous appelons communément amour. Juste l'habitude de se réveiller et de s'endormir à ses côtés. À 30 ans J'aurai mon premier enfant, un fils qui ne fera pas ses nuits. Je mettrai de la crème anti-rides car j'aurai peur de m'avouer que je vieillis. À 32 ans j'aurai une fille. Je travaillerai derrière un bureau la semaine et le samedi j'irai voir des amis. Enfin, des collègues de travail, les autres ne seront plus là. Le dimanche une semaine sur deux on ira voir mes parents. À 33 ans on emménagera dans une maison pavillonnaire, se disant que l'appartement est trop petit pour notre salaire. On plantera des géraniums et on dressera une haie autour de la maison pour pas que les voisins espionnent nos activités inexistantes. Avec un peu de chance, on aura même un chien qu'on appellera Médor, parce que ça sonne bien. À 40 ans j'irai voir un psy, prendrai des cafés dans un bar pas trop loin. Me prenant d'affection pour un garçon de 15 ans, parce que j'aurai peur de mourir alors je me rattacherai à la jeunesse en me voilant la face, m'imaginant jeune et désirable. Rêvant d'une vie que je n'ai pas eu. À 45 ans mes enfants me crierons dessus, je les banaliserai en me disant:"c'est normal, c'est l'adolescence". À 50 ans viendra la ménopause. Je désirerai encore plus la jeunesse, je me cacherai sous des vêtements pathétiques. À 52 ans je verrai mourir mes parents. À 53 ans mes enfants partirons de chez moi, je me sentirai encore plus seule. À 60 ans mon mari s'étouffera avec une cacahuète et mourra. Je le pleurerai en pensant à moi. Je serai à la retraite et occuperai mes journées à faire des mots-croisés. À 85 ans je mourrai d'une crise cardiaque en buvant mon café.
Tout ce que je sais, c'est que cette vie là, je n'en veux pas.